La route de Cilaos, unique route pour accéder à la ville de Cilaos ! Et quelle route ! Rien à voir avec le chemin originel que parcouraient les bourgeois ou les malades, les vieux... en chaise à porteurs jusqu'en 1960.
Le premier chemin fut ouvert entre 1842 et 1845, "étroit et long de 36 ou 38 kilomètres, selon les ouvrages, depuis Saint-Louis" (site de Cilaos).
La
route pittoresque s'ouvre sur des paysages grandioses...
Elle reste éprouvante pour ceux qui craignent les
précipices...ou les virages 
Eprouvante... ?? à coup sûr le doyen des porteurs de chaise décédé en 2006 sourirait... car s'il faut parler d'épreuve, c'est bien François Séry qui serait en droit d'utiliser le mot !
Le journal Témoignage nous donne un aperçu de la vie de ce porteur :
"Ses deux pieds étaient les freins pour éviter que la personne transportée ne tombe de la chaise à porteuse. François Joseph Séry se souvenait comment, à l’époque, les villageois s’organisaient pour rejoindre la côte. « En fonction du poids de la personne à transporter, il fallait en moyenne deux, voire six hommes, pour porter un seul client vers la Rivière. On quittait alors Cilaos vers six ou sept heures du matin, et on arrivait à l’entrée de la Rivière Saint-Louis vers midi », explique-t-il. « Mi peut dire à ou, à l’époque nou té mange pas do pain ou do riz comme koméla. Pour transporte domoune comme nou té i fé, y falé mange manioc et soso maïs. Sinon ou té tien pas le coup ! ».Avec le poids de la personne transportée et malgré la douleur physique, il trouvait encore le temps et le courage pour dialoguer dans un premier temps avec ses camarades et dans un second temps avec le “voyageur” en leur montrant le paysage ou leur parler de leur maladie. François Séry n’a pas été simplement un porteur d’hommes à fauteuil. Il ne rechignait pas devant le travail. Il a été employé aux Thermes où il transportait le bois qui servait à réchauffer l’eau des baigneurs. Pendant près de 20 ans, journalier forestier, il participa au reboisement de la forêt de Cilaos. "
À La
Réunion, le terme “fotey” désigne une
sorte de petite “chaise longue munie parfois
d’accoudoirs”. Utilisée pour se reposer à
la maison, elle peut être transformée en chaise
à porteurs. Ce mode de transport était employé
autrefois par celles et ceux qui se rendaient à Cilaos ou en
cure thermale à Hell-Bourg et, jusque dans les années
1960 (avant l’utilisation de
l’hélicoptère), pour le transport des malades
et des blessés dans les régions isolées de
l’île. "
"Il y avait deux sortes de fauteuils. "On fixait de chaque côté du fauteuil
une barre de bois, notamment de “ma d-soka” (hampe
florale du choca). Il fallait deux ou quatre porteurs. Dans le
premier cas, les barres étaient munies de bricoles reposant
sur les épaules des deux porteurs qui se mettaient entre les
barres, l’un à l’avant, l’autre à
l’arrière ; le fauteuil portait alors le nom de
“fotey brikol”. Pour le port à quatre, les
supports reposaient directement sur les épaules des porteurs
qui se plaçaient, deux entre les brancards et deux à
l’extérieur, de manière à changer
régulièrement d’épaule en même
temps." http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=19435







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